Achat d'un vélo à assistance électrique (VAE)

En octobre 2011, je terminais mon article sur l'essai du VAE par cette phrase :

« En tous cas, dans l'état actuel des choses, mon prochain vélo ne sera pas un VAE, »

Mais comme je suis têtu et qu'il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, j'ai poursuivi mes investigations et j'ai franchi le pas.

Lors de mes recherches , une foule de questions se sont bousculées : où acheter, quelle marque, quel type de vélo (homme, mixte, pliant ...), 24 ou 36 volts, dérailleur classique ou système Nexus et enfin, à quel prix ???

Choix de la marque : au départ, j'aurais voulu acheter « Belge » : Diamond, Granville, Swiff ou Oxford, même si c'est un peu une illusion vu que pratiquement tous les vélos sont fabriqués en Asie ; au mieux montés en Belgique, mais parfois seul l'autocollant de la marque est placé en Belgique.

A côté des marques belges, on trouve aussi Gazelle (Hollande), Trek (USA) et dernièrement, j'ai aussi découvert Matra (France) plus connue pour ses voitures.

Trouver un revendeur : mis à part Diamond, firme liégeoise, les autres « Belges » ont peu ou pas de revendeurs en province de Liège et tous les concessionnaires d'une marque ne vendent pas nécessairement les VAE. de cette marque.

Je suis allé à Borgloon (Limbourg) pour voir le Granville et j'ai dû faire 65 km (chez Govélo en Brabant Wallon) pour essayer les vélos Swyff et Oxford qui me plaisaient beaucoup.

J'ai aussi visité la Galerie du Cycle (Gazelle), la Roue Libre (Trek, Bosch), Bicyclic (Diamond), Dcjbike (Matra, Inovélo) et bien d'autres ...

Choix du type de vélo : vieux réflexe macho, je m'étais d'abord orienté vers le modèle HOMME avec la barre horizontale, mais de plus en plus de marques mettent l'accent sur les avantages du cadre qu'ils appellent pudiquement « bas » ou « mixte » pour ne pas heurter notre virilité. Et comme j'espère quand même garder ce vélo 10 ans et que je ne suis pas sûr d'encore pouvoir enjamber le cadre « homme », je me suis laissé convaincre au cadre bas.

24 v ou 36 volts : le choix se pose de moins en moins : le 24 volts qui dominait le marché en 2011/ 2012 donnait aux VAE une autonomie un peu courte selon le modèle et le type de parcours (20 à 50 km). C'est pourquoi le 24 v a pratiquement disparu de la gamme 2013 de plusieurs marques au profit du 36 ou du 48 volts qui permettent des parcours de 80 à 90 km voire plus.

Dérailleur ou Nexus :

- le dérailleur est le plus connu des 2 systèmes : 7 ou 8 pignons sur la roue arrière, 1 ou plusieurs plateaux sur le pédalier et en multipliant les 2, on obtient le nombre de vitesses. Sur les VAE, on trouve généralement 1 plateau et 7 pignons soit 7 vitesses, mais certaines marques proposent quand même des modèles à 21, 24 ou 27 vitesses : Granville Terra E-Volve (24) et Oxford X-Swing (27)... pratiques pour les côtes très « raides » ou quand l'assistance électrique est défaillante.

Le dérailleur a souvent la cote chez les anciens cyclistes qui apprécient son accessibilité, ses réglages ... Ses défauts : ne pas pouvoir changer de vitesse à l'arrêt et son côté graisseux et sale.

- Le Nexus rappelle un peu les anciens changements de vitesses « Sturmey Archer » des années 50/60 : tout se passe à l'intérieur du moyeu arrière.

Avantages : possibilité de changer les vitesses à l'arrêt, robustesse et propreté de l'ensemble.

Défaut : limité à 7 ou 8 vitesses maximum.

Quel prix ?

En 24volts, on considère généralement qu'on peut obtenir un VAE valable entre 1000 et 1500 €, même si on en trouve déjà à près de 400 €.

En 36volts, il faudra compter entre 1500 et 2000 €, mais des modèles haut de gamme peuvent atteindre et dépasser 3000 €.

Le choix final

Bien malgré moi, j'ai dû assez vite abandonner la piste « Swyff – Oxford ». En effet, malgré les qualités du matériel et l'amabilité du revendeur de chez Govélo, il ne me paraissait pas raisonnable de faire 2 x 65 km au moindre ennui, réglage ou entretien.

J'ai éliminé aussi les modèles trop chers (proches ou au-dessus de 2000 €) : Bosch, Gazelle ... etc

ainsi que, dans un premier temps, la gamme 24 volts qui selon Govélo était trop faible pour le relief de notre région.

Après un long parcours émaillé d' hésitations, changements d'avis, revirements dictés par des avis de revendeurs, des lectures, des essais, j'ai abouti chez Dcjbike à Ans-Alleur .

Dans la gamme qui m'était présentée, j'ai flashé sur les Matra TX 36v et SX 24v dont les caractéristiques et le look se rapprochaient très fort des modèles Swyff et Oxford qui m'avaient tapé dans l'oeil chez Govélo.

MatraSx3

EcranVAE

 

 

 

 

 

 

 

Tout de suite, le « patron » me fait remarquer que « ça ne sert à rien de faire quelques ronds d'essai autour du magasin ; c'est sur votre terrain habituel que vous devez essayer votre vélo » et il propose de me conduire un SX à mon domicile pour un essai d'un jour ou deux. « Si le SX ne convient pas, vous pourrez essayer le TX » (il n'en avait pas sur le moment).

Comme pour l'essai de l'article précédent, j'ai testé le SX

  • sur le plat (Ravel 1 le long de la Meuse et Ravel de l'Ourthe) : l'assistance se fait discrète, mais si on la coupe, on sent la différence.

  • en côte (Av de l'Observatoire, de Gerlache, rue du Perron, rue des Charmilles ...) : 14 à 16 km/h sur le premier niveau d'assistance, dérailleur sur 3 ou 4 et sans la moindre fatigue.

  • J 'ai aussi testé l'autonomie en vidant complétement la batterie : ± 50 km, ce qui, vu le nombre de côtes montées est tout à fait honorable.

A la fin de l'essai, mon choix était fait : le Matra SX 24 volts m'apparaissait très suffisant pour l'usage auquel je le destinais, d'autant que je fais quand même du vélo pour faire un minimum de sport. et le prix de 1300€ (1100€ avec la ristourne) pour le SX contre 1700 pour le TX a conforté mon choix.

Les satisfactions :

Après 4 ans et demi d'utilisation et près de 7000 km parcourus, je suis assez satisfait de mon achat :

  • Autonomie moyenne  de ± 50 km /charge, qui varie évidemment selon le relief du parcours et peut aller jusqu'à 70/80 km sur le plat

  • Possibilité d'augmenter l'autonomie en roulant facilement sans assistance sur le plat.

  • Position de conduite « à la hollandaise » très confortable.

  • Béquille double très stable et pratique pour « travailler » sur le vélo

  • Aucune fatigue dans les côtes malgré une vitesse nettement supérieure (double voire triple) à celle d'un vélo classique.

  • Et enfin pas la moindre transpiration au terme des randonnées malgré les traditionnelles remontées par l'av de l'Observatoire, de Gerlache ou Perron/Charmilles.

Les regrets / défauts :

  • si le cadre bas est plus facile à enjamber, par contre, à l'arrêt (feux rouges, files ...) il est difficile de lâcher le guidon, l'absence de barre ne permettant pas de caler le vélo avec les jambes.

  • Le 24v manque de puissance pour monter les rues à forte déclivité, (j'ai dû renoncer dans le haut de la rue Bois-l'Evêque, mais quelqu'un de plus jeune ou de plus entraîné y arriverait sûrement),

  • Le SX, comme tous les VAE, est lourd (plus de 20 kg) ; pratiquement impossible à mettre sur un porte-vélos de toit ou de hayon et mieux adapté sur une attache de remorque.

  • Il est moins maniable, notamment dans les virages très serrés (rampes du pont du Val Benoît).

  • Pour garder  une bonne autonomie, les pneus doivent être bien (très) gonflés et il en résulte un certain inconfort sur mauvais revêtements (nids de poules et pavés) ...

Conclusion :

Le texte ci-dessus relate MON achat et ne prétend absolument pas servir de référence ni même de conseil(s) à un futur acheteur. A chacun de voir en fonction de ses besoins, de ses déplacements habituels et de son budget.

Et pour terminer comme dans mon article précédent : dans l'état actuel des choses, mon prochain vélo (s'il y en a encore un) sera un VAE... mais certainement un 36 v et équipé d'un dérailleur 21 ou 24 vitesses ...

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